Mon amie Zahra

Autrice : Maryam Madjidi

Illustratrice : Claude K. Dubois

L’école des loisirs

Parution : septembre 2021

Roman – 6 à 8 ans – 48 pages

Résumé de l’éditeur :

“Loin de sa grand-mère, Maryam se sent seule. Elle voudrait pouvoir jouer, rire, et partager ses histoires avec elle. Elle pense à sa grand-mère le jour comme la nuit, et quelquefois elle lui parle au téléphone, mais ce n’est pas pareil. Puis Maryam rencontre Zahra. Elle vient du même pays, elle est drôle et sait faire plein d’imitations. Avec une amie, la vie a une tout autre saveur…”

Maryam Madjidi est une autrice française d’origine iranienne, née à Téhéran en 1980. Elle est arrivée en France à l’âge de six ans. Elle a reçu le prix Goncourt du roman en 2017 pour Marx et la poupée. Je m’appelle Maryam est son premier roman pour la jeunesse, dont Mon amie Zahra est la suite. Ces deux ouvrages sont largement autobiographiques.

Le premier volet raconte effectivement son arrivée en France, pays dont elle ne parle pas la langue et ne connaît personne, depuis l’Iran. Dans ce deuxième volet, Maryam habite toujours en France mais se sent loin de sa grand-mère, restée en Iran, qui lui manque beaucoup.

Si la question de l’intégration dans un pays nouveau est toujours là, ce récit se concentre sur les difficultés auxquelles Maryam fait face dans un second temps. Il faut désormais pour Maryam accepter sa “nouvelle” vie, qui est très différente de son quotidien en Iran.

Ce roman est très bien construit grâce aux quatre chapitres qui témoignent de l’évolution du personnage. Maryam ne “dort pas” au début mais “rêve” à la fin du récit, et si “Mamie n’est pas là”, il y a Zahra qui arrive pour lui tenir compagnie.

Zahra est ainsi une amie, une confidente, mais aussi un relais vers son pays d’origine. Elle en connaît la langue, les danses, les chansons… comme la grand-mère de Maryam.

Maryam est très touchante dès le début, et nous partage ses secrets, ses sentiments, qu’elle ne montre à personne d’autre.

Claude K. Dubois illustre avec bienveillance ce récit et l’évolution du personnage principal. On reconnaît son style tendre et simple, qui nous transmet sans peine les émotions de Maryam. Elle explique justement que “l’émotion est la seule force directrice dans [son] travail.” Ce n’est pas son premier livre autour de l’exil, elle a en effet écrit et illustré Akim court, chez L’école des loisirs également en 2012.

L’autrice réussit ici à traiter de la difficulté de se retrouver loin de son “chez soi” et de sa famille avec tendresse. Aussi, elle nous montre que la vie est pleine de bonnes surprises et de rencontres déterminantes.

Si l’histoire de Maryam reste singulière, chaque lecteur pourra trouver sa place dans ce récit. En effet, c’est finalement un livre universel.

Le sujet de l’exil depuis l’Iran n’est pas inconnu dans la littérature et a été mis en lumière avec le succès de Persepolis de Marjane Satrapi. À travers le format de la bande dessinée, l’autrice retrace, comme le fait Maryam Madjadi, son enfance et son entrée dans l’âge adulte entre Iran et Europe. Elle offre ainsi, comme ici, une réflexion sur l’exil et la construction de l’identité d’une enfant au milieu de ces changements d’environnements parfois brutaux.

Thématiques : amitié, famille, immigration, migration, intégration, exil

Juliette Cayrel

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