Cet atelier du samedi s’est ouvert par un exercice ludique d’écriture sur le modèle du cadavre exquis. La question d’ouverture était « Comment vas-tu ? », il s’agissait de répondre puis de masquer la réponse précédente avant de passer la feuille à son voisin. À l’arrivée, des dialogues aux teneurs variées : philosophique, pragmatique, météorologique*.
Le groupe a ensuite fait un bilan de l’exercice, appréciant de découvrir comment se déroule une pensée à plusieurs cerveaux et privée de la vue d’ensemble qu’offre habituellement une conversation. Appréciant également de lire à voix haute des textes qui n’étaient pas de leur seul fait et d’écrire « en commun ».
Cet exercice a permis d’introduire la séance qui portait sur le dialogue. Après quelques points généraux sur le dialogue dans le récit, l’animatrice a lu un extrait du roman Vango, de Timothée de Fombelle pour illustrer les notions abordées. Elle a également fait passer un texte de Maylis de Kerangal pour permettre aux participants de découvrir de quelle manière l’autrice intégrait le dialogue dans le fil du récit.
La proposition d’écriture consistait à écrire un dialogue entre deux personnes discutant d’une troisième personne.
Après ce temps d’écriture, chacun a partagé son texte au cours d’une lecture en grand groupe, pendant laquelle les participants et Marie ont fait des retours sur les ressentis, la compréhensibilité du dialogue, ce qui se dégageait des personnages en fonction de leurs propos, ce qui se nouait entre eux également.
En conclusion, un temps de partage a permis à chacun de revenir sur son temps d’écriture et d’anticiper sur ses expériences de lecture de dialogues à venir.
Nous vous donnons rendez-vous le 6 avril prochain à l’Institut pour un nouvel atelier d’écriture.
*exemples de productions en page suivante
– Comment vas-tu ?
– Beaucoup trop fatiguée, je me suis réveillée en sursaut 10 mn avant de partir. Heureusement, je n’habite pas loin.
– L’essentiel est de participer. C’est la réponse adaptée en ces temps de Jeux Olympiques.
– J’ai gagné un dossard pour les 10 km de marathon pour tous. Les 10 km du marathon, c’est drôle, non ?
– Etrange cette façon de courir… Après quoi, après qui…
– Après le temps, j’ai vraiment l’impression de passer ma vie à courir après le temps.
– Oui, mais arrives-tu à vivre l’instant présent ?
– Ça dépend, des fois oui, des fois, le passé me rattrape.
- Comment vas-tu ?
- Je suis dans une période de questionnement.
- Bien, tu es dans le même état que moi, mais que nous arrive-t-il ? Cette indécision permanente me pèse beaucoup.
- L’indécision semble être le mal du siècle. Beaucoup en souffrent, mais peu l’admettent.
- L’indécision pourtant pourrait faire réfléchir. C’est plutôt ne pas faire de vagues qui commande le monde aujourd’hui.
- On parle boulot, là ? on avait dit qu’on parlait pas boulot !
- Travail, vie… Expériences à vivre.
- Des expériences à vivre, ça donne envie.
- Comment vas-tu ?
- Je suis enthousiaste à l’idée de profiter de ces quelques heures volées à mon quotidien.
- Je partage ton enthousiasme et nous allons partager ensemble toutes nos richesses.
- Oui, c’est la diversité de ce groupe qui fait que de belles choses émergent.
- Oui, le groupe, c’est lui qui fait avancer.
- Et la bienveillance de chacun.
- Ce n’est pas universel, cette bienveillance. Il faut du temps pour que chacun accepte l’autre.

