Claire Hannicq

1 – Fiche technique de l’ouvrage
Titre : La Disparition
Parution : Novembre 2023
Support : Album – 40 pages
Tranche d’âges : À partir de 3 ans
L’autrice-illustratrice :
Claire Hannicq est une artiste visuelle installée dans les Vosges. Diplômée de la HEAR Strasbourg et de l’ESAL-Épinal, elle compte des expositions dans de nombreux pays. En France, elle expose au FRAC Alsace et au FRAC Franche-Comté et dans différents musées régionaux. Les multiples matières qu’elle utilise lui offrent une riche palette graphique.
Elle dessine aussi pour la jeunesse. On retrouve son travail dans les albums : Des histoires d’animaux de Claude Aveline aux éditions Le Baron Perché et Un temps de coyote de Sarah Carton de Grammont aux éditions Kilowatt, deux textes évoquant la thématique animale, qui anime l’artiste.
L’éditeur : Cépages
Cépages est une maison d’édition Jeunesse indépendante fondée en 2013. En l’espace de dix ans, elle a su s’imposer dans le milieu de l’édition en publiant près de 60 albums et collaborant avec plus de 50 auteurs/trices.
La maison se plaît à avancer qu’elle « récolte » ses auteur(e)s et illustrateur(-trice)s : au-delà du clin d’œil au nom de la maison d’édition et à ses valeurs écologiques, cette « récolte » souligne le temps et le soin que la maison prend à rassembler des histoires à la fois originales et poétiques dans ce qu’elles donnent à lire autant que dans ce qu’elles donnent à voir. Les ouvrages tout en nuances et couleurs, édités par Cépages ont unanimement à cœur d’éveiller la sensibilité artistique des jeunes lecteurs.
L’album Disparition reflète sans conteste ces valeurs portées par la maison Cépages en cela qu’il sublime la nature, ses couleurs, sa diversité et sa luxuriance tout en en soulignant la fragilité comme l’interaction, fondamentale, entre les espèces et leur milieu.
Thématiques : jungle, animaux, exotisme, disparition, écosystème
2 – L’histoire
Lémurien se balance de branche en branche. Soudain, la liane qu’il tient s’efface et il tombe à terre : « Aïe ! » pense-t-il. Mais la jungle a disparu, Lémurien questionne Tigre qui propose de partir à sa recherche.
3 – Le texte :
Dans un jeu du paraître/ disparaître, Claire Hannicq offre une véritable poésie iconographique à travers la présence des couleurs ou leur subtile absence. La Nature invite à être mieux regardée grâce aux nuances pastel.
C’est un bel album où se joue tout un implicite de l’image et où la nature ne réapparaît plus finalement que dans l’eau. Une eau qui incite les animaux complices à plonger délicieusement, comme dans un rêve, pour se perdre dans une jungle retrouvée ou dans son reflet. La fin de l’album est une porte ouverte pour que le lecteur prenne conscience de la fragilité des écosystèmes, des conséquences de leur négligence et de leur disparition.
4 – Conclusion
Cet album est un jeu d’observation, de reconnaissance dont le paraître/ disparaître peut être l’occasion d’un jeu d’association ou de langage pour saisir le lien naturel entre le serpent et la liane, l’aile du perroquet et la palme du palmier, les rayures du tigre et l’herbe. C’est aussi un album qui peut être exploité sous la forme d’un jeu de devinettes ou encore être le support d’un travail réflexif sur la flore et l’eau.
C’est en effet tout un travail de compréhension qui permet de voir la nature en filigrane et de percevoir les risques de son effective « disparition ».
L’album est un incontestable support à la lecture de l’image et de toutes ses connotations.
Reflets dans la jungle, œuvre de l’artiste Leslie Amine pourrait enrichir l’interprétation de La Disparition. Outre le thème commun de l’exotisme, elle se fonde également sur la démultiplication joviale de l’image.
La richesse des couleurs et la thématique de l’ailleurs peuvent elles, donner lieu à un travail en arts visuels autour des paysages luxuriants et colorés du Douanier Rousseau :
Les regards des animaux expriment l’inquiétude, la tristesse, le soulagement et le plaisir (sentiments finalement instinctifs face « aux drôles de choses » qui se passent dans cette jungle, ce matin-là). Cela permet d’aborder plus facilement avec les élèves l’expression physique des émotions.
Enfin, le message écologique sous-jacent peut, quant à lui, être l’occasion de regarder le beau film d’animation réalisé par Morgane Boullier : Un carré pour la biodiversité qui pose magnifiquement la question de l’équilibre fragile des écosystèmes et de la biodiversité :
https://www.films-pour-enfants.com/fiches-pedagogiques/un-carre-pour-la-biodiversite.html
Caroline GERE,
stagiaire à l’Institut International Charles Perrault