L’Énigme Edna

Florence Hinckel

Parution : 19 août 2021

Nathan

Roman – 336 pages – dès 14 ans

Résumé de l’éditeur :

“Edna, 17 ans, vit seule avec son beau-père, dans une petite ville du sud de la France. Depuis la mort de sa mère du covid, la jeune fille s’est refermée sur elle-même et est devenue le souffre-douleur du lycée, où elle est en section pro. Alors qu’elle souhaite emprunter Ulysse de James Joyce au CDI, les membres du club lecture l’humilient pour son choix élitiste et le plus virulent, Eliott, l’agresse physiquement. Fils d’un homme politique local, Eliott ne sera pas sanctionné, tandis que la victime, Edna, est exclue. Pour réparer cette injustice, Chaïnez l’aide à participer à  un concours littéraire très en vue dans le lycée. Mais Elliot, ivre de colère contre cette moins-que-rien qui ose le défier, prépare sa vengeance…”

Florence Hinckel est une autrice jeunesse avec déjà une quarantaine de romans publiés, ayant reçu de nombreux prix. Cette fois-ci, elle nous présente avec L’Énigme Edna un thriller psychologique.

Comme un hommage à Carrie de Stéphane King, l’autrice en propose une version actualisée qui soulève de nombreuses problématiques contemporaines. Ce roman prend place dans un monde post-Covid, et où le réchauffement climatique s’est fortement aggravé. Il est donc pleinement ancré dans notre réalité.

Très bien construit, L’Énigme Edna est fondé sur une alternance entre le récit de ce qu’il s’est passé auparavant et des extraits d’un documentaire relatant les événements quelque temps après.

Le suspense se construit donc à travers cette mécanique, car nous apprenons en alternance les causes et les conséquences du drame avant qu’il ne soit dévoilé à la fin du roman. Le résultat est très prenant et l’autrice réussit à tenir en haleine son lecteur.

Florence Hinckel aborde ici de nombreux sujets tels que le harcèlement, à la fois par d’autres élèves au collège et dans la rue.

Edna est mise à l’écart et a des difficultés à s’intégrer.

Contrairement à beaucoup de romans pour adolescents, celui-ci montre bien que le harcèlement peut aller très loin, et ne finit pas forcément de manière positive. Peut-être pessimiste, ce roman contraste avec les histoires idéalistes que l’on peut parfois lire.

Avec un dénouement suivant le fonctionnement de l’effet papillon[1], le drame final est inattendu et choquant malgré les indices disséminés les pages précédentes. En effet, une succession d’événements imprévisibles se produisent, pour arriver à une fin catastrophique que je vous laisse découvrir.

Ce roman reste donc pour les plus grands lecteurs du fait de la brutalité du récit.


[1] image proposée par E. N. Lorenz pour appréhender les phénomènes physiques liés au chaos, selon laquelle une petite perturbation dans un système peut avoir des conséquences considérables et imprévisibles.

Juliette Cayrel

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