Compte-rendu –
L’atelier de ce samedi était le dernier de cette année 2023/2024.
Lors du moment d’échange d’ouverture, l’animatrice Marie Boulic a partagé avec les participants son trio d’auteur.ice.s jeunesses préférés :
. Jean-Claude Mourlevat “Le chagrin du roi mort” – “La rivière à l’envers”
. Marie-Aude Murail “Oh Boy!” – Simple – la série “Sauveur et Fils”
. Timothée de Fombelle “Tobbie Lolness” – “Vango”
Des recommandations de lectures à découvrir, pourquoi pas, pendant l’été….
Pour cette dernière séance, la proposition était d’écrire une rencontre entre deux personnes, rencontre amoureuse de préférence et du point de vue de l’un des deux protagonistes, en utilisant le “je”. Les participants ont été invités à inclure dans leur texte la phrase “Soudain, il n’y avait plus que nous”. Petite contrainte supplémentaire : les phrases écrites d’un seul élan, sans ratures ni retour en arrière possible ; il fallait se laisser aller ! Le premier jet devait rester brut et les phrases écrites ne pouvaient être modifiées. Petite émotion dans le groupe pour ceux et celles qui aiment lire leurs phrases plusieurs fois avant de continuer…
Après ce premier temps d’écriture, les participants ont partagé leurs impressions, dont est ressortie l’idée qu’écrire de cette manière, sans relire, sans raturer, est une façon de s’obliger à se laisser porter par le stylo. Naissent alors les questions : qui est réellement maître du texte ? Qui prend le contrôle dans un moment d’écriture aussi incontrôlé ?
Pour le deuxième temps d’écriture, Marie Boulic a lu quelques extraits du livre “Je, d’un accident ou d’amour” de Loïc Demey :
“Plus rien d’importance depuis cette fille sur une chaise verte du jardin du Luxembourg, voiliers miniatures et lecture de poche. Instinctivement, je pars vers elle et lui paroles futiles. Le soleil d’abord, la chaleur ensuite. Mc Ewan enfin. Elle me réponses courtes, elle se mèche de cheveux châtains et fins derrière l’oreille. Elle se surprise puis me spontanément. “Oui”, “bon”. “Sur la plage de Chesil”. Je causeries d’autres choses, de musique. D’elle. Je lui proposition d’un café en terrasse, elle acceptation si un thé.
Vert.”
Après lecture d’un extrait de la préface dans laquelle l’auteur expose sa démarche, le second temps d’écriture fut de retravailler les textes comme l’auteur le fit avec le sien : supprimer les verbes, tous les verbes et peut-être les remplacer (ou non) par des adjectifs, des noms, des adverbes…
Lors d’une troisième étape, le groupe s’est scindé en duos et trio pour un temps d’échange sur les textes. Ce fut l’occasion d’une première lecture en petit comité et d’un échange sur les expériences et ressentis sur cette drôle de manière de retoucher un texte brut, en le dépouillant et en le triturant pour lui faire faire des pas de côté vers le poétique.
L’atelier s’est conclu par un temps de lecture en grand groupe suivi d’un temps d’échange. Les participants ont apprécié une poésie naturellement ressortie de leurs textes à travers les vides laissés par l’absence de verbes. Certains ont eu une vraie révélation et très envie de renouveler l’expérience, d’autres ont nettement affirmé leur préférence du texte narratif en prose classique. Au total, cet atelier a permis d’explorer de nouvelles manières de retravailler un texte en posant un nouveau regard sur ses écrits par simple suppression des verbes. Du moins… dans un premier temps !
L’atelier et l’année se sont terminés par un pot qui fut l’occasion d’offrir un beau bouquet à l’animatrice pour la remercier de son travail et d’échanger sur les expériences de chacun et chacune autour d’apéritifs. Les retours étaient tous positifs et il va sans dire que ce fut une expérience agréable et enrichissante pour tous et toutes !
