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Derniers poèmes – Atelier d’écriture au collège des Touleuses

Au cœur du CDI du collège des Touleuses, à Cergy, s’est déroulé ce mardi 14 juin 2022 l’ultime atelier d’écriture dispensé par l’auteur en résidence à l’Institut International Charles Perrault, Karim Ressouni-Demigneux. 

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Pénétrant dans cet espace rempli de livres, dix collégiennes s’attablent joyeusement et l’atelier peut débuter.  

Karim leur lance un premier défi, celui de trouver une douzaine de mots finissant par le son [œʁ], tel le mot “peur”. Les jeunes filles se mettent aussitôt en quête de ces derniers, et l’inspiration ne manque pas. L’auteur émet quelques suggestions mais les mots semblent déjà se précipiter d’eux-mêmes à la rencontre des collégiennes. La feuille de brouillon se noircit vite et voilà déjà venu le temps du deuxième défi. 

Les collégiennes ont désormais la mission de trouver une nouvelle salve de mots s’achevant cette fois-ci en [wa].  Ces derniers sont plus capricieux et les collégiennes ont plus de mal à les trouver. Le stylo se fait davantage hésitant, Karim leur en propose alors quelques-uns. C’est l’impulsion qu’il leur fallait, l’inspiration repart et une jeune fille s’exclame même avec force enthousiasme : “J’en ai plein !”. 

L’auteur Karim Ressouni-Demigneux dévoile ensuite le jeu du jour. À partir des trouvailles réalisées lors des deux précédents exercices, les dix collégiennes sont chargées de rédiger un poème en rimes croisées. Les alexandrins sont préférables mais les jeunes filles ont le choix de leur privilégier des vers libres. Le nombre exact de ces derniers n’a pas de limite, si ce n’est l’imagination. Le titre est en revanche imposé : “Je ne connais que moi”. Le poème doit en effet avoir pour sujet son auteur !

La poésie n’ayant pas encore été étudiée par l’ensemble des collégiennes, Karim explique la notion de pieds et fournit des exemples qui permettent à toutes de se lancer dans la rédaction de leur poème. 

Les questions fusent pour tenter de produire les meilleures rimes, de réaliser les plus jolis vers possibles. Karim dispense de temps à autres ses conseils d’écriture pour les accompagner. Il leur suggère notamment d’écrire librement dans un premier temps, pour mieux retravailler par la suite et ainsi tomber sur le bon nombre de pieds. L’atmosphère est au travail intense, à la réflexion assidue. Les murmures de celles qui lisent à voix haute leurs vers pour compter les pieds se répandent dans la salle. 

La rédaction des poèmes est suivie par une lecture projetée de chaque poème. Il s’agit là de s’initier à la déclamation, en lisant de manière convaincante le fruit de son imagination.  Les jeunes filles se succèdent, et toutes écoutent avec attention et admiration leurs camarades. 

Karim Ressouni-Demigneux ouvre alors un temps de questions concernant l’écriture et le métier d’écrivain. Il révèle ainsi que son processus d’écriture pour un roman dure six mois et que le plus difficile est d’être son propre lecteur. Il relit systématiquement le lendemain d’une séance d’écriture afin d’évaluer si ce qui a été écrit correspond à son intention initiale. Il faut garder en tête en tant qu’auteur que le lecteur ne sait rien et ainsi faire en sorte de lui donner les clés nécessaires à la compréhension. Selon lui, il faut avoir suffisamment de lucidité et de recul pour corriger et peaufiner ses propres écrits. 

Karim conclut l’atelier en soulignant ainsi aux collégiennes l’importance de savoir se relire, compétence qui leur sera utile notamment pour la suite de leurs études.

Jade Leroy

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